Jeudi 30 juin 2005
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La gloriole et laveuglement hexagonaux quant à leur feinte et illusoire puissance (victoire sur les peuples dits primitifs ont contribué à lendormissement de notre vigilance) ne sont pas daujourdhui, ni même de 40.
Napoléon 1er, éminent expert en stratégie, se laissa prendre, après avoir remporté un certain nombre de victoires, au piège de la guerre dEspagne, et sembarquera dans laventure catastrophique de Russie, convaincu que la chance serait toujours avec lui et que ses armées étaient les plus fortes, entretenu dans cette idée tant par les batailles remportées que par son orgueil dêtre le meilleur. Il guerroya pendant vingt ans, sans posséder de politique étrangère cohérente, se faisant plaisir dans la conduite des batailles où il excellait pour installer sur des trônes des membres de sa famille et quelques personnages qui lui seraient redevables. Mais, au bout du compte, pour quel bénéfice ? Na-t-il pas, par son comportement, amorcé la réunification de lAllemagne ? Et ne fut-il pas, finalement vaincu par lAngleterre et la coalition que celle-ci avait constitué ?
Son neveu, Napoléon III, déclencha contre la Prusse la guerre de 1870 sur un simple caprice et sans avoir une conscience claire du rapport de force et de létat de préparation de lennemi. Or, le chancelier Bismarck et ses généraux avaient méthodiquement mis au point des plans de bataille, apprivoisé lusage des dernières technologies en artillerie, en transport, en télécommunications et en espionnage. Le commandement militaire prussien était animé dune farouche voloté de vaincre et la diplomatie du Kaiser avait su exploiter les erreurs françaises, otamment dans les relations avec lEmpire austro-hongrois. Habile et rusé, fin politique, le chancelier Bismarck, sachant que le second Empire avait perdu la confiance et le soutien des élites comme de la population, misait avec raison sur la suffisance du souverain vieillissant, qui avait déjà trébuché dans la malheureuse expédition mexicaine, et sur lautosatisfaction périlleuse de son régime
En fait, le résultat final, qui vit la chute de Napoléon III et la perte de terres, avait très précisément préfiguré leffondrement qui se produisit en 1940.
La campagne prussienne, ayant obtenu en moins de deux mois la capture de Napoléon III et dune part importante de son armée, déboucha sur le cruel siège de Paris, lequel déclencha le soulèvement sanglant de la Commune. Les Français se battaient entre eux sous les yeux goguenards de loccupant. Lempire allemand, sous domination prussienne, se voyait proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles, haut leu de la grandeur française. Le symbole valait son pesant de honte. Nous nous étions à nouveau, pour reprendre une expression forgée au XVII ème siècle littéralement battus pour le roi de Prusse.
Désormais voici la France, ma France, notre France une République crée en 1871 à une voix de majorité, la réforme mit beaucoup de temps à sinstaller. Le pays resta désormais profondément divisé entre droite et gauche
entre monarchistes et républicains dabord, réactionnaires et radicaux ensuite, conservateurs et socialo-communistes après. La xénophobie devint un poison lantisémitisme eut tôt fait denvenimer cette situation déjà critique
.
Et nous voilà à la veille de larmistice dans une France qui ne sait plus son nom
dans une France qui fait mourir la République
Vive Pétain
Vive lAssemblée nationale
Vive la France
Et si ce nétait pas que le passé ? Et si à léchelle planétaire cela se reproduisait ? Si ce constat désabusé était désormais celui de la glorieuse Amérique, notre gendarme aux étoiles multiples et brillantes, ses boutons de manchette salis par leur sang, souillés par la mort
Espérons quils connaîtront une fin aussi tragique que celle de lapogée monarchiste française, de lapogée du pouvoir de lEmpereur
Lempereur est Américain il est dans lombre le président en est sa part de lumière. Non il en est la face émergé tout comme l'iceberg elle n'en représente qu'une minime partie
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